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CV

EXPOSITION PERSONNELLE
2017      Pense-bête et/ou Mémorandum – W. Pantin
2015      Portail logique – W. Pantin
2014      Documents – W. Pantin
2011      Sur la bibliothèque – ISBA. Besançon

EXPOSITION DE GROUPE
2017 .Les entrées extraordinaires 3 – W. Pantin
2016 .Open – T2. Paris
………..Chambre à part – 35H. Paris
………..Les entrées extraordinaires 2 – W. Pantin
………..Bibliothèque – Université Paris 8 et le 6B. St-Denis
………..Jeux d’échanges – Chez Kit. Pantin
2015 Inventaire – Papier Gaché, Bibliothèque M.Duras. Paris
2014 Las salas de no-estar – Centro Bajo Martin, Hijar. Espagne
………..5Z Les entrées extraordinaires – W. Pantin
………..Suspended bodies –  KTHC, Londres. UK
………..Fanzine! Festival – Papier Gaché, Bibliothèque M.Duras. Paris
………..Family business – Palais de tokyo. Paris
2013 A pedazo – Casa de la cultura, Burjassot. Espagne
2016… Fanzine! Festival – Bibliothèque M.Duras. Paris
2012 Activation du Hall de gratuité – RIA. Bobigny
2012… Fanzine! Festival – Bibliothèque M.Duras. Paris
2011 Coup de Jeunes – Hôtel de ville. Besançon
2011… Physical – performance dessinée, Stade de Larians. Larians.
2010 Sculpture à Gendrey – Parc intercommunal. Gendrey
2009 Planoise tu connais ? – Centre Nelson Mandela. Besançon.

RÉSIDENCE
2016             35H – Session n° 6
2013/2015   Artiste invitée, W. Pantin

PUBLICATION
2016 Haruspine – Les slips de Papa n°3
………..Marabout – Gros Gris n° 2
2015 Fucking JPEG pour Recto/verso Issue 03 part 2 Collective Memory
2014 Une aventure psychologique dont vous êtes le héros – Le Geuloir n° 3
………..Réel/effet/reflet – Artizanal n° 6
2013 7 à 11 min… – Blindux
………..Stylite – Le Geuloir n° 2

FOIRES
2016 Galeriste #1 -Colophon – Le Carreau du Temple. Paris
2014 Salon de l’estampe – Atelier Le Temporaire. Gand-Palais. Paris

CONFÉRENCE/PRESSE
2016 Colophon – Rencontre #1 L’artiste face à l’auto-édition : position esthétique et enjeux économiques d’une pratique éditoriale confidentielle. Main d’Oeuvre. Saint-Ouen.
2015 .Point d’affleurement par Clare Mary Puyfoulhoux pour Boum!Bang! Magazine

FORMATION
2011……….. DNSEP, Mention Félicitation, ISBA Besançon
2009/2010 ..Échange à l’Universitad de Bellas Artes de Valencia. Espagne
2009………..DNAP, ISBA Besançon

 

TEXTES

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Pense-bête et/ou Mémorandum

C’est une succession d’enchaînements, d’assemblages de mots et d’idées, un labyrinthe où l’intellectuel est sans cesse aux aguets. Céline Notheaux propose un aperçu de ses œuvres récentes, entretenant des relations secrètes qu’elle dissimule à chaque instant où l’on pensera en trouver la trace. Pas d’accès unique, seulement des indices. Le tout dans une exposition généreuse dont l’archivage, internet, l’impression et le dessin, sont les outils de création. Opérant sous forme d’obsessions, le langage de Céline Notheaux est en-deçà du régime du visuel, préférant aux discours muets des dialogues féconds mais privés.

The Giant Consulting c’est ce grand livre, type vieux grimoire, filmé en plein écran en ouverture de nombreux dessins animés produits par Disney. Sauf qu’ici ce sont trois livres, chacun se refermant sur l’autre, dissimulant le reste d’un titre, d’un récit. Le grand voile tendu et peint est placé au centre de la pièce, comme départ d’une histoire, ou plutôt de dialogues et discussions qu’entretiennent les œuvres de Céline Notheaux. Il est cet objet de désir, rattaché à une curiosité sans cesse réfrénée. Au mur qu’il tente désespérément d’éclipser, des images compilées au caractère bovin assumé, encyclopédie sans mot et/ou nourriture de l’exposition. On pourrait penser à une phase de recherche – encore en cours ? – un peu mystique et obsessionnelle, et qui s’en vanterait presque. Et pourtant ! Le héros de notre récit à peine commencé commence à laisser des traces ; si ce n’est pas déjà fait avec ces étranges fausses taches noires, un peu trop évidentes. Une certaine délicatesse qu’on reconnaît bien à Meumeu dit le Minotaure, mi-homme mi-taureau, amant transi et incompris.  Demi-tour de l’autre côté du rideau, toutes les vaches de la vie de Meumeu, tendance moitié Minotaure moitié poète maudit, tendance Gérard de Nerval, sur fond de générique des « Feux de l’amour ». En dernier espoir, il délivre des lettres d’amour cachetées, dont seule la destinataire pourrait connaître le contenu.

Comme chez l’Homme, le monde amoureux bovin est un parcours semé d’embûches, nécessitant une réelle stratégie. Pour contrebalancer une nature proliférant et indomptable à l’instar de ce lierre colonisant l’exposition, Meumeu se place au centre du jeu, façon Homme de Vitruve, ou figure de l’Excuse du jeu de tarot. Grimé, une fois de plus, en Arlequin, il brouille les pistes pour que l’on se perde à son propre jeu. Sous le geste dessiné et appliqué de Céline Notheaux, Meumeu trahit, malgré le calme olympien de son visage, une certaine mélancolie, suite désastreuse d’un célibat labyrinthique.

En quelques coups d’œil sur les côtés, le mythe de Sisyphe fait surface, entrainant avec lui toute sa philosophie de l’absurde. Si comme Albert Camus on considère vaine toute recherche de sens, on ne saurait que dégringoler du rocher, celui de la connaissance ?

Frédéric Blancart, 2017

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« Je propose par la pratique du dessin et de l’imprimé des images partiellement inédites que je fais interagir dans des espaces au sein de séries ou d’ensembles.

L’articulation conceptuelle de mes pièces procède d’une syntaxe texte/image formulée par des rapports de combinaisons que j’expérimente en fonction des projets. Par exemple, la série Marabout mise sur le retournement, Coucou sur la dissimulation, Haruspine sur le côte-à-côtisme.

Ce qui habite mon travail se situe dans le rapport que nous entretenons aux langages, aux systèmes de signes, à leurs charges symboliques et comment il est possible de marquer des points de rencontres entre des sensibilités et des formes. Cela se manifeste par une activité de déformation ; les abécédaires, encyclopédies, imprimés publicitaires, panneaux de signalisation sont détournés de leurs valeurs d’usages, les contenus modifiés que j’ajoute viennent parasiter ces formes et remettent en cause leur pouvoir de crédibilité. Ces informations accompagnent bien souvent des préoccupations existentielles qui trouvent dans le registre absurde, comique ou provocateur des manières de résolutions.

La pièce De hasard et d’adresse invoque le paradoxe de la flèche en vol de Zénon et la notion d’intentionnalité. Marabout et Haruspine disent la résistance à l’égard d’un réel toujours trop cruel, quand La signalisation Psychologique est un code d’un genre nouveau, qui remédie à la difficulté de nommer et saisir des émotions parfois déroutantes.

La dimension ludique de ma pratique lui est essentielle, c’est un engagement. Jouer c’est proposer une manière d’être au monde qui interpelle et implique. Les pièces peuvent être initiées par un calembour, faire blagues, devinettes où le sens procède d’énigmes en emboitements. »

Céline Notheaux, Paris, 2016

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« Il y a ce que je veux te dire et ce que je te dis. L’incompréhension et le nombre d’interprétations qui en résultent. Il faudrait cependant veiller à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Céline Notheaux rit à longueur de journée. Elle rit avec la bouche, avec les dents, avec ses larmes aussi. Armée de pinceaux et de concepts, elle rit encore. Exploratrice d’une zone habituellement poussiéreuse, celle du langage encyclopédique, ou kitsch, celle des proverbes de Mamie, Céline Notheaux y installe son histoire, voit comment son épiderme réagit à la surenchère signalétique ambiante.

Diplômée d’une école d’art dont on ne trouvera pas la trace sur son site internet, elle est aujourd’hui artiste invitée à l’atelier W. Résultat d’une pratique quotidienne qui met en équilibre questions existentielles et problématiques concrètes, son travail soulage. Il ouvre sur une troisième voie qui n’est pas le silence et qui vient apaiser la tension liée à la saturation des discours. Gourmande d’anecdotes passées, Céline Notheaux vient nous raconter comment autrefois, avant le livre, les lettres s’apprenaient sur des supports vernis de corne. À la page 1986 de son encyclopédie, elle nous confesse un secret. Elle se libère sans heurts apparents et continue son chemin. Parler d’un corps de femme occasionne une plongée dans le champ lexical des fruits et légumes, des espèces (sous) marines? Très bien, c’est l’occasion d’afficher une variété de splendeurs appétissantes. À chaque fois que la peur ou l’angoisse affleurent dans le monde, l’artiste exécute une pirouette en forme de pied de nez. Les œuvres qui en résultent sont poétiques et peuvent advenir sous plusieurs formes dont l’origine est souvent le dessin.

C’est que la réponse à toute question, toute théorique qu’elle soit, est d’abord formelle. Il s’agit d’imprimer un geste. De se confronter au matériel. Le point médian entre un point A et un point B ne fait que couper la distance, il ne la réduit pas. Remplissons donc l’espace de points, ancrons-nous dans le monde en le remplissant de panneaux. La cible est un mirage mais un mirage bien utile puisqu’il indique une direction à suivre, nous empêchant de tourner en rond. Cartographie de l’absurde, le travail de Céline Notheaux n’est pas sans rappeler l’univers d’un Beckett. Prenons une citation de « Fin de Partie » par exemple: « La fin est dans le commencement, et cependant on continue. »

Souvent, la délicatesse du trait ou son inscription dans un registre quasi-enfantin, la gamme chromatique (pastel ou primaire) vient en porte-à-faux avec la thématique abordée. En résulte un espace de l’instable où l’exercice de lecture se transforme en performance, le spectateur devenant un personnage tentant de s’orienter dans un jeu de piste acrobatique et jubilatoire. Impliqué de la sorte, il ne peut d’ailleurs s’échapper des questionnements abordés qu’ils soient liés «   à la fin de vie, aux croyances spirituelles, à la quête effrénée  d’un ailleurs, »  ou « au marché qui les entourent. » [1]

La série récente des « Interfaces » précise le propos, le localise – il en va de même avec le format de la série « Marabout »: l’endroit qu’on explore est le seuil, le revers de la médaille, le langage sous-jacent à tout visible. Reprenons pour un temps cette histoire de mystérieuse encyclopédie: l’important n’est pas tant de savoir que quelque chose se cache à la page 1986. En effet, il nous suffirait d’avoir le bon volume entre les mains et de nous diriger à l’endroit indiqué pour trouver. Ce qui importe ici est le nombre de pages toujours cachées: pendant que je consulte l’une, les autres sommeillent et m’ignorent autant que je les ignore et pourtant, rien de ce que je vois sur la page précise que je consulte n’a de sens sans les autres qui sont là et qui gonflent l’ensemble, lui donnent son allure. Toutes ces pages non consultées sont précisément ce qui me permet de croire à l’importance de celle que je consulte tout comme le verrou sur la porte me permet de croire à ma sécurité et le panneau de signalisation de croire à une objectivité de mon rapport à un certain espace que d’aucuns qualifient de public. Concluons donc en spoilant le détail d’une œuvre à venir: « Il y a une image cachée dans ce livre de la même façon qu’une phrase se dissimule entre ces mots. » [1] »

[1] propos de l’artiste

Clare Mary Puyfoulhoux, Paris, 2015




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