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EN CE MOMENT : 

—  De février à décembre, Résidence de recherche à La Cité des Arts de Saint-Denis de La Réunion, Atelier n°6

— 14 octobre au 30 novembre, Exposition Résidence à La Cité des Arts de Saint-Denis de La Réunion 

— 22 octobre au 15 décembre, Exposition collective Extraordinary Entrees VI à la Pragovka Gallery, Prague, République Tchèque

 

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EXPOSITION

2019

Les entrées extraordinaire IVPragovka Gallery, Prague
Résidences – Cité des Arts. Saint-Denis de La Réunion
Unmanifesto, performance avec le collectif W – Pragovka Gallery, Prague
Banquet W, performance avec le collectif W – Pragovka Gallery, Prague
Ensorcelés – L.A.R.O. Paris
2018
Il y a des aurores – W. Pantin (Duo Show)
Lolus Symbolum – Galerie de l’Openbach. Paris (Solo Show)
Cycles Croisés – 6b. Saint-Denis
2017
Pense-bête et/ou Mémorandum – W. Pantin (Solo Show)
Les entrées extraordinaires 3 – W. Pantin
2016 .
Open – T2. Paris
Chambre à part – 35H. Paris
Les entrées extraordinaires 2 – W. Pantin
Bibliothèque – Université Paris 8 et le 6B. St-Denis
Jeux d’échanges – Chez Kit. Pantin
2015
Portail logique – W. Pantin (Solo Show)
Inventaire – Papier Gaché, Bibliothèque M.Duras. Paris
2014
Documents – W. Pantin (Solo Show)
Las salas de no-estar – Centro Bajo Martin, Hijar. Espagne (Duo Show)
5Z Les entrées extraordinaires – W. Pantin
Suspended bodies –  KTHC, Londres. UK
Fanzine! Festival – Papier Gaché, Bibliothèque M.Duras. Paris
Family business – Palais de tokyo. Paris
2013
A pedazo – Casa de la cultura, Burjassot. Espagne
Fanzine! Festival – Bibliothèque M.Duras. Paris
2012
Activation du Hall de gratuité de WOS agence des hypothèses, performance, RIA. Bobigny
Fanzine! Festival – Bibliothèque M.Duras. Paris
2011
Sur la bibliothèque – ISBA. Besançon (Diplôme)
Coup de Jeunes – Hôtel de ville. Besançon
Physical – performance dessinée, Stade de Larians. Larians.
2010
Sculpture à Gendrey – Parc intercommunal. Gendrey
2009
Planoise tu connais ? – Centre Nelson Mandela. Besançon.

RÉSIDENCE

2019 Résidence de février à décembre à La Cité des Arts de Saint-Denis de La Réunion
Résidence de création avec le collectif W à la Pragovka Gallery en août à Prague.
2016  Résidence 35H – Session n° 6

PUBLICATION
2016
Haruspine – Les slips de Papa n°3
Marabout – Gros Gris n° 2
2015
Fucking JPEG pour Recto/verso Issue 03 part 2 Collective Memory
2014 ..
Une aventure psychologique dont vous êtes le héros – Le Geuloir n° 3
Réel/effet/reflet – Artizanal n° 6
2013 ..
7 à 11 min… – Blindux
Stylite – Le Geuloir n° 2

FOIRE/SALON

2019    Art en série limitée – Salon de la micro édition – FRAC. La Réunion
2016 Galeriste #1 -Colophon – Le Carreau du Temple. Paris
2014 Salon de l’estampe – Atelier Le Temporaire. Gand-Palais. Paris

CONFÉRENCE/PRESSE

2019    Table ronde Le collectif et l’activité artistique – Le Houloc. Aubervellier
2018  Rencontre Pratiques d’atelier #4 – Panpan. Pantin
2016 Colophon – Rencontre #1 L’artiste face à l’auto-édition : position esthétique et enjeux économiques d’une pratique éditoriale confidentielle. Main d’Oeuvre. Saint-Ouen.
2015 .Point d’affleurement par Clare Mary Puyfoulhoux pour Boum!Bang! Magazine

FORMATION
2011……….. DNSEP, Mention Félicitation, ISBA Besançon
2009/2010 ..Échange à l’Universitad de Bellas Artes de Valencia. Espagne
2009………..DNAP, ISBA Besançon

 

TEXTES

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Ma pratique artistique est pluridisciplinaire ; le dessin, la peinture, l’édition et la céramique sont convoqués en fonction de mes expositions qui sont pensées comme des parcours symboliques. Les corpus d’œuvres qui forment les installations varient les échelles qui peuvent aller de toiles de 4 par 3 mètres à des timbres. Mon travail est reliée à mon histoire familiale qui définit mes sujets de recherches favoris que sont l’imaginaire lié au monde agricole, son déclin, les champs du savoir et la société de classe. Comment le paysans devient artiste? Comment l’ouvrière prend la plume ? Je décrirais mon univers comme éclatant, poli à la main, cryptique et comique, un peu sensuel et familier.

Céline Notheaux, Saint-Denis de La Réunion, 2019

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C’est une succession d’enchaînements, d’assemblages de mots et d’idées, un labyrinthe où l’intellectuel est sans cesse aux aguets. Céline Notheaux propose un aperçu de ses œuvres récentes, entretenant des relations secrètes qu’elle dissimule à chaque instant où l’on pensera en trouver la trace. Pas d’accès unique, seulement des indices. Le tout dans une exposition généreuse dont l’archivage, internet, l’impression et le dessin, sont les outils de création. Opérant sous forme d’obsessions, le langage de Céline Notheaux est en-deçà du régime du visuel, préférant aux discours muets des dialogues féconds mais privés.

The Giant Consulting c’est ce grand livre, type vieux grimoire, filmé en plein écran en ouverture de nombreux dessins animés produits par Disney. Sauf qu’ici ce sont trois livres, chacun se refermant sur l’autre, dissimulant le reste d’un titre, d’un récit. Le grand voile tendu et peint est placé au centre de la pièce, comme départ d’une histoire, ou plutôt de dialogues et discussions qu’entretiennent les œuvres de Céline Notheaux. Il est cet objet de désir, rattaché à une curiosité sans cesse réfrénée. Au mur qu’il tente désespérément d’éclipser, des images compilées au caractère bovin assumé, encyclopédie sans mot et/ou nourriture de l’exposition. On pourrait penser à une phase de recherche – encore en cours ? – un peu mystique et obsessionnelle, et qui s’en vanterait presque. Et pourtant ! Le héros de notre récit à peine commencé commence à laisser des traces ; si ce n’est pas déjà fait avec ces étranges fausses taches noires, un peu trop évidentes. Une certaine délicatesse qu’on reconnaît bien à Meumeu dit le Minotaure, mi-homme mi-taureau, amant transi et incompris.  Demi-tour de l’autre côté du rideau, toutes les vaches de la vie de Meumeu, tendance moitié Minotaure moitié poète maudit, tendance Gérard de Nerval, sur fond de générique des « Feux de l’amour ». En dernier espoir, il délivre des lettres d’amour cachetées, dont seule la destinataire pourrait connaître le contenu.

Comme chez l’Homme, le monde amoureux bovin est un parcours semé d’embûches, nécessitant une réelle stratégie. Pour contrebalancer une nature proliférant et indomptable à l’instar de ce lierre colonisant l’exposition, Meumeu se place au centre du jeu, façon Homme de Vitruve, ou figure de l’Excuse du jeu de tarot. Grimé, une fois de plus, en Arlequin, il brouille les pistes pour que l’on se perde à son propre jeu. Sous le geste dessiné et appliqué de Céline Notheaux, Meumeu trahit, malgré le calme olympien de son visage, une certaine mélancolie, suite désastreuse d’un célibat labyrinthique.

En quelques coups d’œil sur les côtés, le mythe de Sisyphe fait surface, entrainant avec lui toute sa philosophie de l’absurde. Si comme Albert Camus on considère vaine toute recherche de sens, on ne saurait que dégringoler du rocher, celui de la connaissance ?

Frédéric Blancart, Paris, 2017, Extrait du journal de l’exposition de Pense-bête et/ou Mémorandum

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« Il y a ce que je veux te dire et ce que je te dis. L’incompréhension et le nombre d’interprétations qui en résultent. Il faudrait cependant veiller à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Céline Notheaux rit à longueur de journée. Elle rit avec la bouche, avec les dents, avec ses larmes aussi. Armée de pinceaux et de concepts, elle rit encore. Exploratrice d’une zone habituellement poussiéreuse, celle du langage encyclopédique, ou kitsch, celle des proverbes de Mamie, Céline Notheaux y installe son histoire, voit comment son épiderme réagit à la surenchère signalétique ambiante.

Diplômée d’une école d’art dont on ne trouvera pas la trace sur son site internet, elle est aujourd’hui artiste invitée à l’atelier W. Résultat d’une pratique quotidienne qui met en équilibre questions existentielles et problématiques concrètes, son travail soulage. Il ouvre sur une troisième voie qui n’est pas le silence et qui vient apaiser la tension liée à la saturation des discours. Gourmande d’anecdotes passées, Céline Notheaux vient nous raconter comment autrefois, avant le livre, les lettres s’apprenaient sur des supports vernis de corne. À la page 1986 de son encyclopédie, elle nous confesse un secret. Elle se libère sans heurts apparents et continue son chemin. Parler d’un corps de femme occasionne une plongée dans le champ lexical des fruits et légumes, des espèces (sous) marines? Très bien, c’est l’occasion d’afficher une variété de splendeurs appétissantes. À chaque fois que la peur ou l’angoisse affleurent dans le monde, l’artiste exécute une pirouette en forme de pied de nez. Les œuvres qui en résultent sont poétiques et peuvent advenir sous plusieurs formes dont l’origine est souvent le dessin.

C’est que la réponse à toute question, toute théorique qu’elle soit, est d’abord formelle. Il s’agit d’imprimer un geste. De se confronter au matériel. Le point médian entre un point A et un point B ne fait que couper la distance, il ne la réduit pas. Remplissons donc l’espace de points, ancrons-nous dans le monde en le remplissant de panneaux. La cible est un mirage mais un mirage bien utile puisqu’il indique une direction à suivre, nous empêchant de tourner en rond. Cartographie de l’absurde, le travail de Céline Notheaux n’est pas sans rappeler l’univers d’un Beckett. Prenons une citation de « Fin de Partie » par exemple: « La fin est dans le commencement, et cependant on continue. »

Souvent, la délicatesse du trait ou son inscription dans un registre quasi-enfantin, la gamme chromatique (pastel ou primaire) vient en porte-à-faux avec la thématique abordée. En résulte un espace de l’instable où l’exercice de lecture se transforme en performance, le spectateur devenant un personnage tentant de s’orienter dans un jeu de piste acrobatique et jubilatoire. Impliqué de la sorte, il ne peut d’ailleurs s’échapper des questionnements abordés qu’ils soient liés «   à la fin de vie, aux croyances spirituelles, à la quête effrénée  d’un ailleurs, »  ou « au marché qui les entourent. » [1]

La série récente des « Interfaces » précise le propos, le localise – il en va de même avec le format de la série « Marabout »: l’endroit qu’on explore est le seuil, le revers de la médaille, le langage sous-jacent à tout visible. Reprenons pour un temps cette histoire de mystérieuse encyclopédie: l’important n’est pas tant de savoir que quelque chose se cache à la page 1986. En effet, il nous suffirait d’avoir le bon volume entre les mains et de nous diriger à l’endroit indiqué pour trouver. Ce qui importe ici est le nombre de pages toujours cachées: pendant que je consulte l’une, les autres sommeillent et m’ignorent autant que je les ignore et pourtant, rien de ce que je vois sur la page précise que je consulte n’a de sens sans les autres qui sont là et qui gonflent l’ensemble, lui donnent son allure. Toutes ces pages non consultées sont précisément ce qui me permet de croire à l’importance de celle que je consulte tout comme le verrou sur la porte me permet de croire à ma sécurité et le panneau de signalisation de croire à une objectivité de mon rapport à un certain espace que d’aucuns qualifient de public. Concluons donc en spoilant le détail d’une œuvre à venir: « Il y a une image cachée dans ce livre de la même façon qu’une phrase se dissimule entre ces mots. » [1] »

[1] propos de l’artiste

Clare Mary Puyfoulhoux, Paris, 2015, Article publié sur le site Boumbang!